Dans un entretien publié dans Media 24, site d’information économique marocain, Hassan Benabderrazik, président de la commission commerce extérieur et négociateur des accords de 2003 avec l’UE, a souhaité apaiser les craintes des pays partenaires de manière assez concise.

 

CEDEAO ou partenariat sud-Sud

Le Hub Africa (évènement qui s’est tenu du 2 au 3 mai, présenté comme la plateforme des investisseurs et des entrepreneurs africains)  a été l’occasion de rappeler l’intérêt du Maroc dans son adhésion à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), mais aussi l’apport du Royaume, dans le développement de la région.

L’apport en premier lieu. L’expression clé est d’ailleurs « Valeur ajoutée ». L’adhésion du Maroc à la CEDEAO doit être perçue comme une valeur ajoutée selon les décideurs et les principaux porteurs du projet. Un valeur ajoutée en terme de consommateurs ou d’acteurs économiques supplémentaires, une expertise dans des domaines stratégiques et une experience déjà éprouvée sur le continent africain.

 

Le Maroc : le nouveau tigre de l’Afrique

Les révolutions arabes étant passé par là, le Maroc a connu une vive croissance économique ces dernières années, principalement soutenue par ses entreprises phares qui connaissent un rayonnement continental sans équivalent pour un pays en développement.

Des entreprises comme Attijariwafa Bank font pâlir d’envie ses concurrents arabes et africains. La banque première banque marocaine (et quatrième banque africaine) se développe à vitesse grand V sur le continent. Si l’institution est une des fiertés du Royaume, il est rappeler qu’elle pourvoit non seulement un nombre conséquent d’emploi en Afrique francophone (plus de 4.000 agences), et participe aussi de manière active à l’économie des pays dans lesquels elle est implantée (1 milliard d’investissement de dollars investis sur le continent).

 

Hassan Benabderrazik : « Nous ne sommes pas là pour bouffer de l’entreprise ouest-africaine« 

Si le développement du Royaume reste relatif dans un continent toujours en recherche de leviers économiques et de stabilité politique, le Maroc n’est pas seulement le pays ami qui cherche à s’adosser à une région pour optimiser sa son économie, il est aussi craint des autres acteurs politiques africains au sein de la CEDEAO.

Si ces craintes sont restées des bruits de couloirs, elles ont néanmoins jouer à la faveur des pays de la région dans leur négociation avec le Royaume. Benabderrazik a réagi en conséquence : « Le Maroc doit apporter des réponses claires à des inquiétudes légitimes« .

Les craintes ne sont pas d’ordre politiques, mais uniquement économiques, celle de la potentiel hégémonie de Maroc, mais que l’on se rassure : le Maroc n’est « pas là pour bouffer de l’entreprise ouest-africaine« , si ce n’est déjà en partie fait.